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Actions, obligations et actifs alternatifs : les prévisions à 10 à 15 ans de J.P. Morgan AM
information fournie par AOF 27/10/2026 à 10:50

(Zonebourse.com) - J.P. Morgan Asset Management (division de gestion d'actifs de la banque américaine JPMorgan Chase & Co) a publié son rapport sur ses hypothèses de long terme sur les marchés de capitaux 2027 (Long-Term Capital Market Assumptions - LTCMAs). Le gestionnaire d'actifs y présente des perspectives détaillées sur les rendements et les risques des différentes classes d'actifs à un horizon de 10 à 15 ans, dans un contexte où les incertitudes entourant l'inflation et la volatilité des marchés restent élevées.

Le portefeuille traditionnel "60/40" retrouve des couleurs, mais exige des ajustements

Dans cette 31e édition des LTCMAs, la prévision de rendement annuel d'un portefeuille en dollars composé à 60% d'actions et 40% d'obligations sur les 10 à 15 prochaines années est relevée à 7%.

Toutefois, la corrélation plus élevée entre actions et obligations renforce la nécessité d'une diversification accrue. Si les contraintes liées au marché du travail et à la démographie pèsent sur la croissance à long terme, le rapport estime que l'élargissement des investissements dans l'IA et son adoption dans différents secteurs devraient soutenir les bénéfices à court terme et accroître la productivité à plus long terme. Il souligne notamment les opportunités de diversification offertes par une exposition géographique élargie sur les actions et par les actifs alternatifs, en particulier les hedge funds et les actifs réels.

Dès lors, pour les investisseurs optant pour un portefeuille "60/40 ", intégrant 30% d'actifs alternatifs diversifiés, le rendement attendu atteint 7,5% et le ratio de Sharpe* progresse de 21% par rapport à une allocation 60/40 classique.

(*NDLR : Le ratio de Sharpe est un indicateur financier créé en 1966 par l'économiste William F. Sharpe qui mesure la performance d'un investissement par rapport à son niveau de risque).

La vision des experts : conjuguer rendement, risque et résilience

Les analystes de J.P. Morgan Asset Management détaillent les raisons de ces choix de portefeuille.

"Nos hypothèses de long terme sur les marchés de capitaux aident les investisseurs à naviguer sur des marchés transformés par le nationalisme économique, l'accélération technologique et la reconfiguration des flux de capitaux", déclare John Bilton, global head of strategic research for multi-asset solutions chez J.P. Morgan Asset Management. "Les perspectives de cette année font ressortir une croissance à long terme plus soutenue et de nouvelles opportunités pour construire des portefeuilles résilients grâce à la diversification, en associant des rendements obligataires mondiaux plus élevés à des actifs alternatifs et réels, afin de générer des sources de rendement différenciées et de renforcer la résilience face à l'inflation."

"L'économie mondiale entre dans un puissant cycle d'investissement, l'adoption de l'IA et les gains de productivité soutenant des perspectives de croissance plus solides", déclare de son côté David Kelly, chief global strategiste chez J.P. Morgan Asset Management. "Dans le même temps, les contraintes démographiques, l'ampleur des déficits publics et un environnement géopolitique plus complexe laissent présager une inflation plus volatile sur notre horizon de prévision."

"Chaque année, les LTCMAs constituent le socle sur lequel nous construisons les portefeuilles de nos clients, et cette année, leur importance n'a jamais été aussi grande. Le rendement compte, mais il n'est désormais plus le seul critère", explique Grace Peters, global co-head of investment strategy chez J.P. Morgan Private Bank. "Dans l'environnement actuel, l'optimisation conjointe du risque et du rendement est impérative. Alors que la dispersion atteint des niveaux inédits depuis plusieurs années, les investisseurs qui s'appuient sur une allocation stratégique rigoureuse peuvent trouver l'environnement actuel plus favorable que ne le suggèrent les gros titres."

Les grands enseignements macroéconomiques du rapport

Au-delà de ces déclarations, l'étude dégage plusieurs grandes tendances économiques.

Premièrement, trois forces façonnent l'avenir et déterminent les rendements. Le nationalisme économique stimule l'investissement domestique, mais risque d'accentuer la volatilité de l'inflation. L'adoption des technologies soutient l'économie mondiale en favorisant l'investissement et la productivité. Enfin, la hausse des investissements domestiques entraîne une reconfiguration des flux de capitaux, tant sur les marchés publics que privés.

Deuxièmement, il existe de meilleures perspectives de croissance des marchés développés depuis 15 ans. Selon le rapport, l'essor mondial des investissements, centré sur l'IA et appelé à se poursuivre jusqu'en 2040, devrait accroître de 50% la croissance de la productivité globale des facteurs, pour la porter à 120 points de base. La prévision de croissance du PIB réel américain est ainsi relevée à 2,1%, tandis que la croissance nominale des économies développées devrait atteindre 4,2%. La combinaison entre croissance du PIB et inflation est la plus favorable depuis la pandémie.

Troisièmement, J.P. Morgan Asset Management revoit à la hausse ses perspectives sur les actions américaines, note le regain d'attractivité des obligations mondiales et livre une première analyse du bitcoin. Des marges bénéficiaires supérieures à 15% conduisent à relever de 80 points de base la prévision de rendement des actions américaines de grandes capitalisations, à 7,5%. Pour la première fois dans l'histoire de la publication, les rendements attendus des actions des marchés développés dépassent ainsi ceux des marchés émergents. La hausse des rendements réels porte la prévision de rendement des obligations mondiales agrégées de 2,1% en 2021 à 5,3% aujourd'hui, soit son niveau le plus élevé depuis vingt ans. Le rapport introduit également pour la première fois une fourchette de rendement attendu pour le bitcoin, sans toutefois l'intégrer dans les allocations.

Enfin, le gestionnaire d'actifs positionne les actifs alternatifs au service du rendement, de la diversification et de la résilience face à l'inflation. La volatilité accrue de l'inflation, le risque persistant d'érosion de la valeur des monnaies et les opportunités croissantes de génération d'alpha renforcent le rôle des actifs alternatifs comme outils essentiels de diversification et sources de rendement. Le rendement attendu des hedge funds diversifiés est relevé de 140 points de base, grâce à des tendances durables en matière d'alpha et de taux d'intérêt plus élevés. Les perspectives de rendement des actifs réels restent quant à elles résilientes dans un contexte de volatilité persistante de l'inflation.

Projections chiffrées de rendement par classe d'actifs

Ces grandes tendances se traduisent concrètement dans les prévisions par classe d'actifs. Le rapport présente en détail les hypothèses de rendement annualisé suivantes :

1 - Obligations :

- Les bons du Trésor américain de maturité intermédiaire devraient générer un rendement de 4,6%, soutenu par des hypothèses de taux monétaires plus élevées et par la reconstitution des primes de terme.

- Le crédit américain Investment Grade devrait afficher un rendement de 6,1%, en hausse principalement sous l'effet de taux d'intérêt de référence plus élevés et de l'augmentation des émissions obligataires Investment Grade des hyperscalers.

- Le crédit américain High Yield devrait générer un rendement de 6,7%, contre 6,1% précédemment, avec un spread de juste valeur de 440 points de base, reflétant l'amélioration de la qualité de l'indice.

2- Actions :

- Les actions américaines de grandes capitalisations devraient générer un rendement de 7,5%, contre 6,7% précédemment, reflétant la poursuite de l'adoption des nouvelles technologies et les gains de productivité. Les niveaux de valorisation élevés au point de départ et le risque de concentration restent toutefois des facteurs importants à prendre en compte. Les États-Unis semblent bien positionnés pour être à l'avant-garde de l'adoption de l'IA.

- Les actions mondiales devraient générer un rendement de 7,5% en dollars, contre 7% précédemment. Les marchés hors Etats-Unis offrent davantage de diversification et devraient bénéficier de la poursuite de la dépréciation du dollar américain, bien qu'à un rythme plus lent.

- Les actions des marchés émergents devraient générer un rendement de 7,1% en dollars, en baisse par rapport à l'an dernier, à mesure que les récents facteurs de soutien liés à l'IA et aux dépenses d'investissement se normalisent.

3 - Actifs alternatifs :

- Private equity : le rendement attendu du private equity s'établit à 9,8%, en légère baisse. Le potentiel de rendement repose sur la capacité à générer de manière récurrente de la valeur et à identifier des gains d'efficacité opérationnelle, notamment grâce à l'utilisation de l'IA au sein des entreprises en portefeuille.

- Immobilier : l'immobilier américain core devrait générer un rendement de 8,1%, en légère baisse dans un contexte de taux plus élevés. Le rendement attendu de l'immobilier européen core atteint 7,1%, contre 6,9% l'an dernier.

- Infrastructure : le rendement attendu des infrastructures mondiales core est relevé de 6,5 à 7,1%, reflétant la reconfiguration des chaînes d'approvisionnement. La relocalisation des activités manufacturières devrait stimuler la production industrielle et bénéficier aux actifs de transport.

- Matières premières : le rendement attendu d'un panier diversifié de matières premières est relevé à 4,8%, alors que l'accès aux minerais critiques reste contraint et que les risques géopolitiques continuent de peser sur les perspectives. Le rendement attendu de l'or reste inchangé à 5,5%.

- Actifs forestiers : le rendement attendu des actifs forestiers mondiaux s'établit à 6,2%, en légère baisse par rapport aux 6,3 % anticipés l'an dernier.

- Hedge funds : les hedge funds diversifiés devraient générer un rendement de 6,7%, contre 5,3% l'an dernier, reflétant des prévisions d'alpha plus élevées.

Ce niveau de détail s'appuie directement sur la méthode de travail des équipes de recherche, comme le précise J.P. Morgan Asset Management.

"Les LTCMAs sont le fruit d'un processus de recherche rigoureux combinant des analyses quantitatives et qualitatives issues de plus de 90 gérants de portefeuille, économistes et analystes de recherche de premier plan à travers le monde. Eprouvées dans le temps, ces projections couvrent plus de 200 actifs dans plus de 20 devises de référence et constituent une référence pour l'allocation stratégique d'actifs et la planification des investissements à long terme dans un environnement financier en pleine évolution", souligne J.P. Morgan Asset Management.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 27/10/2026 à 10:50:00.

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